Le riba en islam : qu'est-ce que l'usure et pourquoi est-elle interdite ?

Le riba, c'est l'usure : un surplus que l'on exige en échange d'un prêt ou d'un délai de paiement, ou que l'on prend dans certains échanges sans contrepartie. Allah l'a interdit dans le Coran, et le Prophète ﷺ l'a placé parmi les sept péchés qui mènent à la perdition. L'intérêt d'un prêt bancaire en fait partie. Cet article s'appuie sur le livre de Cheikh Mouhammad Sa‘îd Raslân, Riba, la mise en garde contre l'usure.

Qu'est-ce que le riba ? La définition

En arabe, le mot ribâ évoque l'accroissement, l'élévation : on parle de rabwa pour une colline. Dans la religion, il désigne un accroissement précis. Cheikh Raslân rapporte la définition d'Ibn Qudâma : « C’est le supplément concernant des choses spécifiques », et celle d'Ibn al-‘Arabî : « Il s’agit de tout supplément qui n’est pas en contrepartie d’une rétribution ». Il retient enfin cette définition d'ensemble : l'usure « est tout supplément posé en condition lors d’un contrat et qui est dénué de compensation légiférée ».

Aujourd'hui, le riba porte un autre nom : l'intérêt. Cheikh Raslân rappelle que les savants sont unanimes sur ce point : « le supplément à la dette en compensation d’une échéance est de l’usure qui est concernée par les textes coraniques ».

Que dit le Coran sur l'usure ?

Allah a répondu à ceux qui confondaient le riba avec le commerce :

« Quant à ceux qui se nourrissent de l’usure, ils se lèveront de leurs tombes, le Jour de la résurrection, dans un état comparable à celui de l’homme possédé du démon. Et ce, pour avoir prétendu que le commerce et l’usure sont parfaitement identiques, alors qu’Allah a autorisé le commerce et interdit l’usure. Quiconque, exhorté par son Seigneur, renonce à l’usure, n’aura ni à répondre des profits usuraires réalisés dans le passé, ni à les restituer. Et son sort dépendra d’Allah. Quant à ceux qui osent récidiver, ils sont voués au feu de l’Enfer où ils demeureront pour l’éternité. » [Al-Baqara, 275]

« Allah fait toujours péricliter les profits de l’usure et fructifier l’aumône. Allah ne saurait aimer tout mécréant endurci vivant dans le péché. » [Al-Baqara, 276]

Puis vient l'avertissement le plus lourd, adressé aux croyants :

« Vous qui croyez ! Craignez Allah et renoncez, si vraiment vous avez la foi, à ce qui vous reste du produit de l’usure. Dans le cas contraire, soyez certains qu’Allah et Son Messager vous feront la guerre. Si en revanche vous vous repentez, vous aurez droit à votre capital. Vous ne léserez ainsi personne, sans être vous-mêmes lésés. » [Al-Baqara, 278-279]

Cheikh Raslân s'arrête longuement sur cette « guerre ». Il cite as-Sa‘dî : Allah a fait de celui qui persiste dans l'usure « un ennemi d’Allah et de Son Messager », et c'est là, dit-il, « la plus grande signification de la laideur de l’intérêt usuraire ».

Riba, la mise en garde contre l'usure — Cheikh Raslân. La définition de l'usure, ses deux formes, les versets et les hadiths qui la condamnent, la fatwa des savants sur les intérêts bancaires et les effets de l'usure sur la société. Série Cheikh Raslân, bilingue, Éditions Les Pieux Prédécesseurs. Voir le livre

Que dit la Sunna du Prophète ﷺ ?

Jâbir, qu'Allah l'agrée, rapporte que le Messager d'Allah ﷺ a maudit celui qui se nourrit du riba, celui qui le donne, celui qui le met par écrit et ses deux témoins, et il a dit : « Ils sont tous pareils. » (rapporté par Muslim, n° 1598)

La malédiction ne vise donc pas seulement le prêteur. Cheikh Raslân le dit clairement : celui qui donne l'intérêt « est lésé », et pourtant « il est tout de même maudit », parce qu'il a soutenu l'autre dans le péché. Le scribe qui rédige le contrat et les témoins qui le signent sont nommés avec eux.

Dans un autre hadith, rapporté par al-Bukhârî (n° 2766) d'après Abû Hurayra, le Prophète ﷺ a dit : « Évitez les sept péchés qui mènent à la perdition. » Parmi les sept, il a cité le fait de manger le riba.

Les deux formes du riba

« L’usure se départage en deux sortes », écrit Cheikh Raslân.

L'usure de report (riba an-nasî'a)

C'est le surplus lié au délai : le prêt de mille euros remboursé mille cent, ou la dette qui augmente parce que le débiteur demande un report. Ibn al-Qayyim, cité dans le livre, l'appelle « l’usure claire » : celle de l'époque antéislamique, où l'on retardait la dette en ajoutant à la somme, « au point qu’une centaine se transforme en plusieurs milliers ».

L'usure d'excédent (riba al-fadl)

C'est le surplus dans l'échange de deux biens de même espèce. Le Prophète ﷺ a dit : « L’or contre l’or, l’argent contre l’argent, le blé contre le blé, l’orge contre l’orge, la datte contre la datte, le sel contre le sel, à quantité égale et identique, de la main à la main. Si ces types de bien diffèrent alors, vendez comme vous l’entendez, tant que cela s’opère de la main à la main. » (rapporté par Muslim, n° 1587, d'après ‘Ubâda ibn as-Sâmit)

Tout surplus n'est donc pas de l'usure. Cheikh Raslân cite Ibn ‘Uthaymîn : « si tu vends une voiture contre deux il n’y a pas de problème, ou un livre contre deux il n’y a pas de problème, car tout excédent n’est pas de l’usure. »

Ce que l'usure fait à une société

La dernière partie du livre de Cheikh Raslân montre que l'usure ne nuit pas seulement à celui qui la pratique. Elle détruit la bénédiction dans l'argent et la subsistance, attire la malédiction, impose l'humiliation à la communauté, compte parmi les causes de l'inflation et de l'oisiveté, et finit par rompre les relations entre les gens.

Les intérêts bancaires sont-ils du riba ?

Oui. Cheikh Raslân reproduit dans son livre la décision n° 10 de l’Académie islamique du fiqh, rattachée à l’Organisation de la conférence islamique, sur les opérations bancaires à intérêt. Elle décide que « tout ajout ou intérêt à la dette arrivée à son terme, et dont l’emprunteur est dans l’incapacité de combler en compensation de son ajournement, de même que tout ajout ou intérêt au prêt depuis le début du contrat, représente deux formes d'usure aux yeux de la législation religieuse ».

Le prêt à intérêt, qu’il soit pris à la banque ou entre particuliers, est donc du riba. Pour un contrat précis, chacun a ses détails : avant de signer, interrogez un homme de science digne de confiance.

Questions fréquentes

Celui qui paie l'intérêt est-il concerné, lui aussi ?

Oui. Le hadith de Jâbir maudit celui qui le prend et celui qui le donne : « Ils sont tous pareils. » (Muslim, n° 1598)

Quel livre lire sur le riba ?

Pour la mise en garde complète, Riba, la mise en garde contre l'usure de Cheikh Raslân. Pour les formes modernes, Riba et certaines de ses formes dans l'économie moderne de Cheikh al-Fawzân. Pour les règles de la vente, Le commerce et ses interdits en Islam, du même auteur.

À lire aussi : 7 questions sur le riba : intérêts, crédit, épargne · tous les livres de la série Cheikh Raslan · les 99 noms d'Allah et leur sens

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