Apprendre la chahada, c'est apprendre la première parole de l'islam : celle par laquelle on entre dans cette religion, et celle que le musulman répète plusieurs fois par jour. Elle tient en une ligne d'arabe et engage une vie entière. Cette page réunit ce que l'on cherche d'abord : le texte en arabe, sa phonétique, sa traduction, puis son sens et la manière de l'apprendre.
La chahada en arabe, phonétique et traduction
Voici l'attestation de foi complète, telle qu'on la prononce.
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ
Ash-hadu an lâ ilâha illâ Llâh, wa ash-hadu anna Muhammadan rasûlu Llâh.
« J'atteste qu'il n'est de divinité digne d'adoration qu'Allâh, et j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allâh. »
Elle se compose de deux témoignages, que l'on peut apprendre séparément avant de les réunir.
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ
Ash-hadu an lâ ilâha illâ Llâh.
« J'atteste qu'il n'est de divinité digne d'adoration qu'Allâh. »
وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ
Wa ash-hadu anna Muhammadan rasûlu Llâh.
« Et j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allâh. »
Trois remarques de prononciation, utiles dès la première lecture. Le â de lâ et de ilâha est une voyelle longue : on la tient, sans l'accentuer. Le groupe sh-h de ash-hadu se prononce en détachant les deux lettres, et non comme un seul son. Enfin, le ll de Allâh est redoublé et prononcé avec un léger appui, plus grave après une voyelle a ou ou.
Que signifie la chahada ?
Le mot arabe chahâda signifie témoignage, attestation. On ne témoigne pas d'une opinion : on atteste de ce que l'on sait et que l'on tient pour certain. C'est pourquoi le sens précède la répétition.
La première partie, lâ ilâha illâ Llâh, est bâtie sur deux mouvements que les savants appellent an-nafy et al-ithbât, la négation et l'affirmation. Lâ ilâha écarte toute divinité adorée en dehors d'Allâh ; illâ Llâh réserve l'adoration à Lui seul. Le terme ilâh ne désigne pas simplement un créateur, mais celui vers qui l'on se tourne et que l'on adore. Nier, puis affirmer : la formule n'ajoute pas Allâh à ce que l'on adorait déjà, elle écarte tout le reste avant de Le nommer. L'ordre des deux mouvements n'est pas indifférent ; il fait toute la différence entre reconnaître Allâh et n'adorer que Lui. C'est précisément le sujet du Livre du Tawhîd, suivi dans le même volume de L'Unicité, où Cheikh Ibn 'Uthaymîn traite de la signification des deux témoignages.
La seconde partie reconnaît à Muhammad ﷺ la qualité de prophète et de messager. Elle n'est pas une simple mention respectueuse : elle engage à croire ce qu'il a annoncé, à obéir à ce qu'il a ordonné, à s'abstenir de ce qu'il a interdit, et à n'adorer Allâh que selon ce qu'il a enseigné. De ce second témoignage découle la place de la Sunna dans la religion.
Les savants ont mentionné sept conditions de lâ ilâha illâ Llâh : la science de son sens, la certitude, l'acceptation, la soumission à ce qu'elle implique, la véracité, la sincérité et l'amour de cette parole et de ce qu'elle exige. Ces conditions ne sont pas des formalités ajoutées : elles décrivent ce que témoigner veut dire.
Comment apprendre et réciter la chahada ?
La méthode la plus sûre tient en trois temps : comprendre, écouter, répéter. Comprendre d'abord, car une parole dont on ignore le sens ne se fixe pas. Écouter ensuite : le muezzin prononce la chahada à chaque appel à la prière, l'adhân, et c'est un modèle de prononciation disponible cinq fois par jour. Répéter enfin, à voix basse, par fragments courts, jusqu'à ce que la phrase vienne sans effort.
Ceux qui retiennent mieux par les yeux gagneront à recopier le texte arabe à la main, lettre après lettre, en suivant les voyelles. La phonétique donnée plus haut sert de repère de départ ; elle ne remplace pas l'arabe, dont elle ne rend qu'approximativement les sons. Apprendre à lire l'alphabet arabe reste, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, le chemin le plus court.
Écrire la chahada est, de son côté, un exercice de mémoire à part entière. On commence par les consonnes seules, sans les voyelles, puis on replace la fatha, la kasra et la damma là où la lecture les demande. Le mot Allâh porte une chadda sur le lâm : c'est elle qui commande le redoublement entendu à l'oral. Deux ou trois copies suffisent généralement à fixer la forme du texte dans l'œil.
La prononciation mérite un soin particulier, car une déformation importante peut altérer le sens des mots. Mieux vaut avancer lentement, faire entendre sa lecture à quelqu'un qui connaît l'arabe, et corriger au fur et à mesure. Celui qui souhaite embrasser l'islam prononce cette attestation en en comprenant le sens. La présence de témoins n'est pas une condition de son entrée en Islam ; il peut ensuite se rapprocher d'une mosquée ou de gens de science pour poursuivre son apprentissage.
Une fois la formule acquise, elle ne quitte plus la journée du musulman : elle revient dans le tachahhud de chaque prière prescrite, dans l'appel à la prière, dans de nombreuses invocations et dans la lecture du Coran.
Pourquoi l'attestation de foi est-elle fondamentale ?
Elle est le premier des cinq piliers de l'islam. Le Prophète ﷺ a dit : « L'islam est bâti sur cinq : l'attestation qu'il n'est de divinité digne d'adoration qu'Allâh et que Muhammad est le Messager d'Allâh, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de la zakât, le pèlerinage à la Maison et le jeûne du Ramadân. » Rapporté par al-Bukhârî (n° 8) et Muslim (n° 16), d'après Ibn 'Umar.
Ce rang n'est pas seulement chronologique. Tout ce qui suit en dépend : la prière n'a de sens que si l'on sait qui l'on adore, et la Sunna n'oblige que si l'on reconnaît en Muhammad ﷺ un messager. La chahâda est donc la porte d'entrée et, en même temps, le fondement sur lequel repose le reste.
C'est aussi la raison pour laquelle l'adhésion ne s'arrête pas à la prononciation. Accepter l'islam est un commencement, non un aboutissement : connaître Allâh, Son Prophète et Sa religion demande un apprentissage qui se poursuit toute la vie. La croyance ainsi fondée préserve de l'exagération comme du laxisme, et donne à la pratique sa mesure.
Pour approfondir l'attestation de foi et le Tawhîd
Trois ouvrages prolongent ce que cette page ne fait qu'esquisser, chacun sous un angle différent.
Comprendre l'attestation de foi : Lâ ilâha illâ Allâh, de Cheikh al-Fawzân, s'arrête sur le sens de la première parole, ses conditions et ce qui l'annule. C'est le titre à ouvrir si la question qui reste est « que signifie-t-elle exactement ? »
L'attestation de foi et les annulatifs de l'islam, de Cheikh Raslân, en édition bilingue arabe-français vocalisée, traite de ce que l'attestation engage et des actes qui la rompent.
Enfin, Le Livre du Tawhîd, suivi de L'Unicité réunit le texte de Muhammad ibn 'Abd al-Wahhâb et, du même volume, l'épitre de Cheikh Ibn 'Uthaymîn sur la signification des deux témoignages et le jugement concernant le suivi du Prophète ﷺ.
Le rayon Kitâb at-Tawhîd en français réunit ces ouvrages et les autres livres consacrés à l'unicité d'Allâh.
Librairie Salaf Salih
Pour aller plus loin
La chahâda se prononce en quelques mots et engage une vie entière. Voici quatre ouvrages sur ce qu'elle affirme, ce qu'elle exige et ce qui l'annule.
Parcourir les rayons : Croyance et méthodologie · Exhortation et méditation
Le Livre du Tawhîd, suivi de L'Unicité
L'attestation de foi et ses annulatifs
La Sounnah, volume 1
La Sounnah, volume 2